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Nathalie Viot : « J’ai eu un choc visuel devant des cuves en inox »

LE FIGARO. – Comment est néecette exposition ?

Nathalie VIOT. - Je connaissais déjà les Tonnelleries Leroi et j’étais sensible à leur savoir-faire. Mais à la suite d’une balade dans la région, j’ai eu un véritable choc visuel en visitant Chalvignac, une usine qui fabrique des cuves en Inox pour le cognac mais aussi pour les parfums de Grasse. L’idée de construire des espaces ronds un peu dans l’esprit des utopies des années 1960 a fait son chemin. Pour l’exposition développée par Laurent Geoffroy, designer pour cette maison charentaise, nous exploitons le savoir-faire de ses équipes sur l’Inox en le détournant pour imaginer une maison. Nous traitons le design comme un environnement quotidien à valeur d’usage. Nous avons invité treize designers de sept nationalités, à « bâtir » une maison composée de onze pièces de vie conçues par chacun d’entre eux. Chaque « cuve » a été confiée à un designer qui devait la rendre habitable et utilisable par les visiteurs.

Comment avez-vous préparé l’exposition vu les circonstances ?

En fait, nous travaillons sur cette exposition depuis deux ans et demi. C’est un projet d’ampleur qui occupe 900 mètres carrés. Dès 2021, nous pourrons déployer de nouveaux espaces ouverts au public. Les designers ont tous reçu le même plan. Nous avons retenu des créateurs habitués à travailler des techniques et des matériaux différents. J’avais gardé plusieurs secrets en fait. Ils ne savaient pas quelle pièce occuperait l’espace à côté de celle qu’ils créaient. La plupart des œuvres sont produites dans les Ateliers du faire de la fondation, un projet important pour moi, un compagnonnage qui fait partie de mon engagement pour le design. Nous avons par ailleurs fabriqué dans ces ateliers une grande table en bronze de Guillaume Bardet que nous présenterons aussi officiellement en octobre.

Que retenez-vous de ce projet avec les designers ?

Cette tour servait autrefois à mettre en bouteille. Il nous fallait réaffecter l’espace, protéger le génie du lieu et l’ambiance de convivialité. Dans la plus grande cuve, par exemple, le duo Ornaghi & Prestinari a travaillé sur un texte d’Italo Calvino et des propos sur le désamour. Ils proposent une réflexion très intense sur le vivre ens­emble. Je connais Matali Crasset depuis 25 ans mais nous n’avions jamais collaboré. J’aime son état ­d’esprit, elle est reliée au monde, à la terre, elle est fonctionnelle. Elle signe ici la cuisine et propose un concept global du plan de travail, du chef à la table d’hôtes. Au fur et à mesure, Matali va ­améliorer, s’approprier cet espace. ­Notre plus gros défi technique a été le montage, avec des entreprises locales, de « Vérandah  », imaginé par Céline ­Thibault & Géraud Pellottiero. 

Jusqu’au 3 janvier 2021. Fondation d’entreprise Martell, 16, avenue Paul-Firino-Martell, Cognac (16). Tél.: +33 (0)5 45 36 33 51.Entrée libre, du jeudi au samedi de 14 h à 20 h et le dimanche de 11 h à 17 h.





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