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Montagne Sainte-Victoire, des côtes-de-provence dans le vent


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Publié le 21 juillet 2020 à 17h00

Du haut de la montagne Sainte-Victoire, du pic des Mouches, plus précisément, son point culminant à 1 011 mètres, la vue est époustouflante. Elle se mérite – une belle heure de grimpe en partant du col des Portes. La table d’orientation est précieuse. Vers le nord, le regard porte vers le Lubéron, la montagne de Lure, contreforts des Alpes de Haute-Provence, et, au loin, le sommet râpé du mont Ventoux. Au sud, la plaine viticole, les villages de Rousset, Puyloubier (Bouches-du-Rhône), Pourrières (Var)… Et puis, comme un écho calcaire de la Sainte-Victoire, le majestueux massif de la Sainte-Baume et sa forêt riche en hêtres, érables et tilleuls.

Ce qui touche le plus le randonneur, c’est la palette chromatique. L’azur du ciel d’abord, intense quand il est nettoyé par le mistral, les verts, sombres pour les forêts et les maquis, tendre pour les vignes, le gris de la roche et l’ocre resplendissant des terres, issu d’un processus commencé il y a 100 millions d’années, quand la Provence émergea des eaux.

Un joyau que ne cessa de peindre Cézanne (1839-1906), né et mort à Aix-en-Provence, mais dont la notoriété galopa dans le monde entier. Soit plus de 80 tableaux. En 1958, après que Picasso a confié à son marchand, Daniel-Henry Kahnweiler, qu’il a « acheté la Sainte-Victoire de Cézanne » et que son ami lui demande « laquelle », le peintre répond « l’originale ». Picasso venait alors d’acquérir le château de Vauvenargues (Bouches-du-Rhône), sur le versant septentrional de la montagne, où il passa les quinze dernières années de sa vie. Nul doute qu’en amateur éclairé, il goûta les vins de la région.

Une dénomination de terroir en 2005

Car la vigne règne au pied de la montagne depuis l’Antiquité, apportée sans doute par les Phéniciens, puis développée par les Romains, maîtres dans la technologie viticole. Avec le blé et les oliviers, le raisin prit ses aises au pied de la Sainte-Victoire, uniquement sur le versant sud. Les moines, ceux notamment de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, créée au Ve siècle, ou de l’abbaye cistercienne du Thoronet, font prospérer ce jus qui leur apporte de solides revenus. Plus tard, ce sont les bourgeois et les notables d’Aix qui, avec leurs bastides dans l’arrière-pays, contribuent à la vitalité du vignoble.

Pourtant, les ceps de vigne n’occupent pas, il y a encore un siècle, la majeure partie du paysage agricole, au pied de la montagne. Plus à l’aise sur les coteaux de la haute vallée de l’Arc, et donc un peu plus éloigné de la paroi rocheuse, le vignoble prospère sur des sols calcaires et de grès argileux. La polyculture domine alors, mêlant vigne, melons, ail, blé et oliviers.

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